Corps des sapeurs-pompiers
C'est le 21 avril 1921 que le "nouveau" Règlement organique sur le Service de défense contre l'incendie est adopté.
On y trouve quelques renseignements intéressants, venus d'un autre âge, qui méritent que nous les relevions ici.
L'article 13 traite de la section des hydrantiers. Il y est dit que les hommes de cette subdivision seront instruits au maniement ... de la pompe. Par contre, à l'article 14 il est prévu que la section de pompiers sera instruite à la manoeuvre ... de l'hydrante !
L'article 16 débute par : "Les hommes sont soumis à la discipline militaire".
A l'article 23, il est prévu qu'à l'occasion d'un des deux exercices pratiques de l'année, la Municipalité, assistée de la Commission du feu, procédera à une inspection des hommes et du matériel.
La solde était prévue par l'article 32 : 80 centimes par heure ou fraction d'heure, sans distinction de grade ou de corps.
Selon l'article 33, les propriétaires et détenteurs de chevaux, employés par le service du feu, reçoivent les indemnités suivantes par kilomètre parcouru, la distance kilométrique n'étant comptée qu'une fois, à l'aller : par cheval fr. 5.-. En outre, il est accordé une prime de fr. 5.- au premier cheval attelé et de fr. 3.- au second.
Dans les peines disciplinaires, notamment à l'article 40, alinéa c), l'amende prévue de fr. 2.- à fr. 6.-, la plus importante, s'applique pour abandon de son poste, insubordination, scandale, ivresse ou désobéissance.
Lors d'un incendie, l'article 51 prévoit que les frais d'entretien des conducteurs et des chevaux réquisitionnés sont entièrement à la charge du détenteur.
Si l'incendie se déclare en saison froide, dit l'article 56, les propriétaires de chambre à lessive, d'usine, de buanderie, etc., à proximité, sont tenus, sur réquisition, de faire chauffer de l'eau dont on pourra avoir emploi, soit pour actionner les pompes, soit pour l'usage des sapeurs-pompiers.
Parmi les services spéciaux, l'article 63 précise que la Municipalité doit établir un service régulier de surveillance de nuit dans les temps d'orage et de grand vent.
En 1936, le commandement est assuré par Ernest Karlen.
En 1942 l'effectif est de 57 pompiers + 18 remplaçants en cas de mobilisation de l'armée.
Le rapport de la Commission du feu de 1943 indique que cette année a vu naître le commencement des travaux d'un nouvel hangar des pompes. La place aménagée devant ce futur local permettra le rassemblement des unités du corps sans emprunter la voie publique, ce qui sera un gros avantage.
Le commandement passe à Emile Roy en 1945.
En 1946 l'amende est de fr. 5.- par absence et de fr. 1.- pour arrivée tardive. L'état-major demande l'achat de 30 mètres de tuyaux avec raccords et d'un appareil pour laver les tuyaux.
L'état-major écrit le 24 décembre 1947 à la Municipalité. Il prévoit l'achat de 40 mètres de tuyaux sans raccords et de 10 casques modèle de l'armée. Le manque de casques actuel se fait surtout sentir dans les gros numéros. Il pense équiper progressivement le corps avec les nouveaux casques en commençant par les cadres. Le renouvellement complet pourrait avoir lieu en 5 ans.
Le 10 juillet de la même année, la lettre d'un sapeur : "Au commandant du corps des sapeurs-pompiers de Vuiteboeuf. Veuillez avoir l'obligeance de m'excuser de l'exercice de ce soir, n'ayant pu arriver de l'usine assez tôt. Recevez, Monsieur, mes bonnes salutations." Commentaire au bas de la lettre : "Amende fr. 5.-" !
La direction du corps est reprise en 1948 par le capitaine Robert Strahm.
Le 27 mai 1950, trois hommes ont passé de 2 à 3 heures pour l'extinction du tas de poussière du battoir. Le 9 novembre, 3 fois 2 heures pour déplacement à La Mothe, lors de l'incendie du bâtiment de M. Bonnefoy. Puis 10 hommes sont occupés de 4 à 23 heures pour des travaux de surveillance de l'Arnon lors des crues d'eau des 11, 12 et 16 novembre. Les records sont détenus par le premier-lieutenant Robert Addor, suivi avec 18 heures par le lieutenant Robert Chabloz.
En 1951 la maison Antifeu S.A., de Lausanne, fournit un projecteur Dilux, à acétylène dissous, complet, avec bouteille, support et trépied. La durée d'éclairage est d'environ 6 heures. Le prix est de fr. 115.-, impôt sur le chiffre d'affaires de 4 % en sus.
En 1952 la maison Taillens de Lausanne livre 12 casques d'armée avec insigne, au prix de fr. 35.30 la pièce.
Cette entreprise confirme en 1955, à la demande de la Municipalité, avoir livré des casques à raison de 10 le 26 septembre 1949, 10 le 15 mai 1950 et 12 le 4 septembre 1952.
1957 voit l'arrivée de Roger Wagnières, "Le Chef", à la tête du corps.
Le jeudi 21 avril 1960 les anciens officiers, sous-officiers et sapeurs ayant quitté le corps depuis 1950 sont conviés à une collation à 21 heures à l'Hôtel de l'Ours à l'occasion de l'inauguration des nouveaux uniformes.
En 1961 une grande vente des anciens uniformes est organisée lors d'un exercice. Les prix sont variés et vont de fr. 1.- à fr. 7.-. Des fr. 55.- encaissés, il ne reste que fr. 2.30 après paiement de la facture Voegeli pour collation de juillet.
Nous trouvons le rapport concernant le sinistre du battoir de Vuiteboeuf dans la nuit du 19 au 20 décembre 1964 : A 2 heures 10 du matin, le samedi 20 décembre, j'ai été alarmé par téléphone depuis la ferme de la Verne sise à 100 mètres du sinistre, que le battoir était en flammes. Je me suis empressé de sonner la cloche du collège et en compagnie du lieutenant Martinet, nous nous sommes rendus sur le lieu du sinistre avec le premier chariot. A 2 heures 25 déjà une lance était mise en action pour protéger le bâtiment Meylan séparé par une courte distance du battoir. A 2 heures 30 la toiture du bâtiment sinistré s'effondrait. Vu la destruction avancée du battoir, il n'est pas fait appel au PPS d'Yverdon. A 2 heures 45 environ, 4 lances fonctionnaient pour permettre de sortir diverses machines remisées sous le plancher, dans la partie inférieure du battoir. Tout risque d'extension du sinistre est à ce moment-là éliminé. Durant la fin de la nuit et la journée de samedi, 10 pompiers restèrent sur place et dès 20 heures un système de patrouilles et de plantons est organisé pour la sécurité du village jusqu'à une date indéterminée. (signé : Roger Wagnières). A noter que les rondes ont occupé de nombreux pompiers jusqu'au 4 janvier, à 5 heures du matin.
En 1974 le commandement est repris par Adrien Karlen.
En 1979 Frédy Decrausaz lui succède.
Au cours de l'hiver 1988, dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 février, à 2 heures, le corps était alerté pour l'incendie de la scierie. Avec l'aide du Centre de renfort d'Yverdon, les nombreux sapeurs présents ont réussi à éteindre le sinistre, mais il n'est resté que les carcasses calcinées de la poutraison. Relevons qu'il faisait si froid que la route était devenue une véritable patinoire, créant un danger supplémentaire pour les hommes.
Pendant l'été de la même année, le samedi 9 juillet, le feu était signalé vers 17 heures à l'ancienne ferme Pernettaz sur la route de Vugelles. Là encore, les sapeurs purent maîtriser le sinistre grâce à l'aide du CSI d'Yverdon, mais l'étage était détruit. Des scouts avaient dormi dans un reste de foin dans la grange la nuit précédente, cause probable de l'incendie.
Heureusement, il n'y a jamais eu de blessés à déplorer.